LE JAZZ AU BOUT DU TUBA, MICHEL MAINIL SE JETTE À L’EAU
Après trente-deux ans à souffler dans son saxophone, Michel Mainil sort son premier album.
(FABRIZIO SCHIAVETTO 27 janvier 2004 - Le Soir)
Lunettes épaisses rivées sur un appendice nasal que surmontent des yeux rieurs, Michel MAINIL possède le caractère effacé des timides. À 48 ans, pourtant, ce Louviérois exerce depuis plus de dix-sept ans ses talents de communicateur au Centre culturel régional du Centre. Bien qu’il y assure depuis 1986 la programmation de tout ce qui n’est pas musical (théâtre et danse), c’est dans la musique qu’il trouve son meilleur langage. Celle née dans les quartiers noirs de New Orléans : le jazz !
Cet art qu’il enseigne depuis septembre 2003 à l’académie de musique de Courcelles, il l’a découvert un peu par hasard. Comme naissent les histoires d’amour, à 16 ans, en flashant sur les standards de Duke Ellington et John Coltrane. Je me suis intéressé au jazz avant même d’apprendre la musique, confie-t-il. J’ai abandonné Deep Purple et Led Zeppelin pour Duke Ellington. Diplômé du conservatoire de La Louvière (histoire de la musique, théorie musicale, musique de chambre, saxophone) et de l’académie de Morlanwelz (clarinette), Michel Mainil s’illustrera ensuite au sein de nombreux groupes : du big band au combo de musique africaine, en passant par des orchestres de variétés et de petites formations de jazz pratiquant l’improvisation libre.
Après trente-deux ans de musique dans l’ombre, cet intarissable « jazzamoureux » tente l’aventure en leader, en sortant un premier album : « Water and other games ». Des morceaux qui naviguent à travers les diverses influences ayant jalonné le parcours musical de Michel Mainil. Il s’est entouré de son quartet (Alain Rochette, José Bedeur, Antoine Cirri) et de l’équipe de l’ASBL Aide à la réalisation d’activité musicale (Aram).
Cette association mise sur pied à La Louvière par deux techniciens du son (Mario Benvenuto et Pierre Alardin) cherche à lancer les artistes de la région du Centre. Un studio a été érigé dans les caves du Café des Arts, place communale. Tandis que Michel Mainil nous y offre quelques notes d’un saxo soprano, un de ses amis nous confie : Par ses qualités d’organisateur et d’instrumentaliste, Michel est une figure importante de la musique qui entre avec autant de bonheur dans le jazz New Orléans que dans le jazz contemporain. Il est de ces gens qui font avancer la musique.•
Etudes musicales et formations :
Solfège, harmonie, histoire de la musique, théorie musicale, musique de chambre, ensemble instrumental, saxophone au Conservatoire de La Louvière (1972 / 1978).
Clarinette à l'Académie de Morlanwelz (1974 / 1975).
Séminaire de jazz au Conservatoire de Liège avec John RUOCCO (Saxophone), Steve HOUBEN (Harmonie jazz), Dennis LUXION (Ensemble), Guy Cabay (Analyse musicale) (1982 / 1983)
Stage " Lundis d'Hortense " avec Erwin VANN, Maurice MAGNONI, Serge LAZAREVITCH (1991)
Stage " Jazz en Hiver " à Bouillon avec Steve HOUBEN, Dré PALLEMAERTS (1991)
Cours d'ensemble au Conservatoire Flamand de Bruxelles avec Erwin VANN (1991/ 1992)
Stage " Ode for Joe " consacré à la musique de Joe Henderson à Rossignol avec Peter Hertmans et Salvatore La Rocca (1995)
Stage danse et musique improvisée à Libramont sous la direction de Barre Phillips (USA) (1998)
Divers
Cours de jazz donné pour le CIFOP Charleroi en collaboration avec Interculture (1986 - 1987)
Animateur pour le CEC Artifices. Projet expression corporelle et musique pour des personnes handicapées mentales et physiques (1990 à 1992)
Titulaire de la classe de jazz de l'Académie de Musique de courcelles (depuis 2003)
Parcours
Saxophoniste, clarinettiste, Michel Mainil est né en 1955 à La Louvière, petite ville de Belgique considérée comme le berceau du surréalisme.
Ce sera vers 15 ans, en côtoyant des musiciens locaux et par l'écoute de disques, qu'il commencera à étudier la musique et, plus particulièrement, le saxophone et la clarinette.
Il s'intéresse au départ au jazz traditionnel et aux big bands (Duke Ellington) avant d'être tout à coup "flashé" par John Coltrane et, plus particulièrement, par les disques Blue Train et Afro Blue Impression. Ces albums seront à l'époque définitifs dans ses orientations.
Parallèlement, il s'inscrit au Séminaire de Jazz du Conservatoire de Liège. Il rencontre John Ruocco avec lequel il prend des cours. Il travaille également l'harmonie du jazz avec Steve Houben et participe aux cours d'ensembles du pianiste américain Dennis Luxion.
Il s'est produit très tôt au sein de nombreux groupes ou de formations tous styles : big band, orchestres de variétés, enregistrements studio, petites formations de jazz traditionnel ou moderne, groupes de salsa, combos de musique africaine, interventions dans des projets théâtraux, poétiques, etc...
Attiré par l'Afrique, il part au Cameroun en 1983 où, en compagnie du trompettiste Alain Devis, il se produira dans différentes formules.
Il s'ouvre à la composition dans les années 80 et enregistre une cinquantaine de musique de scène ou sur supports images.
C'est au début des années 90 qu'il rencontre le saxophoniste Erwin VANN au cours d'un stage et dans un cours d'ensembles au Conservatoire de Bruxelles. Ce dernier lui apportera de nouvelles orientations musicales. De ce stage, naîtra le groupe NEMESIS avec Pascale Loriers, Piet Verbiest, Viviane Fortuné, Pol Peeters et Guy Vaerendonck.
Il affectionne une formule quintet avec deux saxophones. Pierre Lafontaine (Sax Battle), Steve Houben et Vincent Mardens ont régulièrement fait partie de cette équipée.
Il dirige conjointement un quartet avec la pianiste Véronique Bizet. Marc De Maertelaer et Antoine Cirri complètent ce groupe où, dans un répertoire parsemé de compositions originales ou de morceaux nés de la plume de musiciens tels Kenny Wheeler, Michel Herr, John Coltrane, une belle part est laissée à l'improvisation libre.
Ce groupe aboutira sur un projet axé sur l’improvisation libre avec le contrebassiste Barre Phillips. En 1999 on le retrouve également au sein de Quartouches, un groupe de free music construit en double quartet avec Véronique Bizet et Christian Leroy, José Bedeur et Arne Van dongen, Antoine Cirri et Cookie Lesguillers, Philippe Saucez et Michel Mainil (saxophones et clarinettes). Il participe aussi à différentes expériences reposant sur l’improvisation, notamment avec le saxophoniste anglais Lol Coxhill et des musiciens du collectif Inaudible.
A l’opposé, il pratique la clarinette dans différents groupes s’inspirant de la tradition du jazz ; notamment le Honky Tonk Jazz Band du trombonniste Denis Vereecken et le Bourbon Street Jazz Band du banjoiste Richard Willame.
Avec Etienne Richard, Alexandre Furnelle et Kris Duerinckx, il se produira au sein du groupe A Monk’s flavour dont le répertoire est exclusivement constitué de compositions de Thelonious Monk.
Viendra ensuite le groupe Dolce Vita dont les musiciens s’efforcent de revisiter les musiques de films. René Desmaele, Alain Rochette, José Bedeur, Antoine Cirri et Christian Leroy figurent dans cette aventure.
Il fait partie aussi des Jazz Migrators avec René Desmaele, Pierre Lafontaine, Alain Rochette, René Harvengt, José Bedeur, Antoine Cirri. Le répertoire est un hommage au drummer Art Blakey et à ses Jazz Messengers.
Il a aussi joué avec la chanteuse roumaine Anca Parghel et a formé un quintet avec, en guest, la chanteuse Hilde Van Hove. La rythmique est composée de Alain Rochette, Bart Zegers et Georges Triantafylou.
En 2003, il met sur pied Autumn in blue sextet avec Richard Rousselet, Jean-Pol Danhier, Alain Rochette, José Bedeur et Patrick Wante.
Outre la Belgique, Michel Mainil s'est produit en France, Hollande, Grande-Bretagne, Maroc, Cameroun, Pologne et Québec.
Depuis plusieurs années, Michel Mainil développe son travail au sein de plusieurs groupes. On le retrouve régulièrement leader de son propre quartet avec Alain Rochette, José Bedeur et Antoine Cirri. Son CD intitulé « Water and other games » est sorti en janvier 2004.
Il est le titulaire de la classe de jazz de l’Académie de Courcelles depuis 2003 et donne régulièrement des stages d’ensemble.
Début 2005, il participe au spectacle Caussimon en trois mots par le Collectif Théâtre, avec Jean-Claude Derudder dans une mise en scène de Christian Debaere sur des arrangements musicaux d'Eloi Baudimont.
Il entame aussi une collaboration avec la chanteuse-comédienne Pierrette Laffineuse autour d’un projet intitulé « Querida Libertad ». Il participe également au spectacle « A la croisée des paradis perdus », créé par Jean-François Pierlot et sa compagnie Feu et Métal en ouverture du 175ème anniversaire de la Belgique.
Dernier projet en date : « Enter project » réunissant le quartet régulier augmenté de Cécile Broché (violon) et Chris Joris (percussions). Un album est en cours de réalisation. Sortie prévue en 2006.
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